Le blog de l’Adaptive Software

Adaptive software, the future of work et la 4ème révolution industrielle

Parmi les nombreuses thématiques abordées à la conférence de l’OCDE le 14 janvier sur « The Future of Work », la nature disruptive de la technologie est ressortie comme un fil conducteur non seulement au niveau de l’organisation du travail dans nos sociétés mais aussi pour la nature même du travail. Aujourd’hui plus rapides et plus profonds que par le passé, ces changements sont quasiment d’ordre révolutionnaires. Selon un récent rapport du World Economic Forum, 5,1 millions d’emplois vont disparaître dans les pays développés suite à l’automatisation et la désintermédiation de la quatrième révolution industrielle.

Adaptive software, the future of work et la 4ème révolution industrielle

Vue de l’intérieur, il est clair que l’industrialisation du développement logiciel jouera une grande part dans ces transformations. La création plus facile et plus rapide des logiciels va accélérer l’apparition de nouveaux business models bouleversant des marchés existants comme on l’a vu avec Uber ou Airbnb mais transformera aussi la façon de travailler de chacun. A l’instar des robots pour les tâches physiques qui ont déjà bien transformé le monde de l’industrie, ces nouveaux types de logiciels vont changer les emplois de bureau par un traitement quasi-automatique des tâches répétitives ou sans valeur ajoutée. D’un côté cela entraînera des réductions de personnel mais de l’autre cela accroîtra l’intérêt et la valeur du travail.

 

 

Adaptive software, the future of work et la 4ème révolution industrielle

Ce paradoxe se traduit également à l’échelle de l’industrie du développement logiciel, qui sera impactée par les changements qu’elle aura elle-même initiée. En 2010, le développement de logiciels représentait en France plus de 17 000 entreprises et 49 800 salariés pour un chiffre d’affaire de 7 836 Md d’euros (source INSEE / XERFI). Selon les critères de l’Unesco, le développement logiciel est une activité artisanale. L’incapacité du secteur à répondre à la demande croissante et la pression sur les prix liée à la concurrence des pays émergeants (ou avec un avec un faible coût du travail) vont inévitablement faire basculer ce secteur vers des modes de production industriels. Comme tous les mouvements d’industrialisation  précédents (industries lourdes, construction automobile, textiles, agriculture, etc.), cela aura un impact important sur les ressources humaines. Et bien que les besoins n’aient cessé de croitre ces dernières années, il est inévitable que l’on assistera à une réduction drastique du nombre des développeurs de logiciel en même temps qu’une hyper spécialisation de ceux restants.  Et par effet domino, c’est tout le secteur qui sera impacté : nous verrons disparaître également un nombre conséquent de postes de chefs de projets, d’architectes, de recetteur, etc.

Doit-on continuer à former des personnes dont le métier est menacé à court terme ?

Comment adapte-t-on les filières de formations existantes et comment va-t-on gérer le nombre important de personnes à reconvertir ?

En résumé, l’industrialisation du développement logiciel :

– pose des problèmes sur les politiques actuelles et futures de formation et de reconversion

– va aussi impacter l’ensemble des emplois de bureau en changeant la nature du travail en lui donnant plus de valeur

– va avoir des conséquences sociales importantes sur le secteur de l’industrie informatique

 

 

 

Adaptive software, the future of work et la 4ème révolution industrielle

On voit bien que les conséquences ne seront pas exclusivement économiques et il y a fort à parier que les impacts sociaux vont accentuer les courants actuels d’émergence de nouveaux modes de travail et de redéfinition des liens contractuels entre employeurs et employés. 

Dans notre prochain article “Humains vs robots, quels emplois vont disparaître ?” nous analyserons quels types de postes sont les plus menacés (hors informatique) et comment les entreprises peuvent limiter la casse en embrassant ce changement plutôt qu’en l’ignorant ou en essayant de se persuader que cela ne les concerne pas.